01.10.2008


 

LES INSTITUTIONS PROFONDES DE L’ECONOMIE ET LA CONSTRUCTION DE L’EUROPE

 

Les mondes magiques sont à la mode et s’imposent comme des bestsellers ; satisfaire les besoins de réenchantement du monde, pourquoi pas ; mais est il nécessaire de masquer la réalité première de ces mondes concrets. L’étrange animation n’est que la projection des hommes et de leurs désirs sur les mondes concrets qu’ils construisent collectivement. Cette façon de projeter son fonctionnement humain appelait, certes le changement ; mais pourquoi massacrer les désirs en laissant le champ libre aux seules avidités et volontés de puissance : tristes « compensations ».

Avançons progressivement et arrêtons nous sur un stade quasi historique : l’apparition de la division sociale, et de ses trois mousquetaires (avec un inévitable quatrième) : le prince guerrier, le commerçant, le chétif sorcier, et, bien sûr le producteur, ou plutôt la productrice. Choisissons un sujet susceptible d’éclairer notre avenir :

 

LA MONDIALISATION EST PHENICIENNE

 

Bousculons quelque peu la grècomanie occidentale : l’histoire des routes du grand commerce de l’hémisphère nord l’affirme clairement, la première mondialisation est phénicienne. La vigueur des institutions phéniciennes est étonnante et la précision de leur transmission aux successeurs est impressionnante. La portée de l’exposition organisée à l’Institut du Monde Arabe de Paris en novembre 2007 a été sous-estimée.

 

Sidon, Tyr, Byblos et Arwad : ces quatre cités ont reçu les flux du grand commerce naissant ; Sidon était un débouché important pour Babylone, Tyr et Byblos commerçaient avec l’Egypte. Arwad découvre l’argent ibèrique, crée Tartessos au sud de l’Ibèrie, indispensable étape vers l’étain britannique. C’est incontestablement Tyr qui va tirer la meilleure part de l’héritage, la connaissance des routes et des méthodes du grand commerce. Les grecs les surnommaient les phoinix, phénix, ces grand oiseux qui apparaissaient et disparaissaient régulièrement ; par admiration ou pointe d’humour moqueur ? Le tyrien, c’est d’abord un œil exceptionnellement vif ; l’œil du grand navigateur hauturier qui s’oriente sans instrument, mais aussi l’œil qui évalue toutes les marchandises du port avec un air distrait, sans manifester le moindre intérêt pour quoique ce soit ; ce faisant il n’oublie pas les hommes, vendeurs ou à vendre.

Sa mentalité commence à se dévoiler au fil de la visite de son nid d’aigle des mers : les défenses principales sont face aux territoires, qu’il considère comme source de tous les dangers. Ses bateaux sont toujours à sa portée et la mer est son empire. La conscience du pouvoir de ce thalassocrate est aigüe et très méfiante. Le pouvoir de cette aristocratie du grand commerce s’organise progressivement à Tyr et à Carthage sa fille, obéissante jusqu’au v° siècle ; des roitelets antiques, mal définis et connu en l’absence de textes phéniciens, on passe à un système aristocratique de pouvoir et de contrepouvoirs, très proche des curieuses institutions de la République de Venise, Ressemblance bien relevée par les spécialistes, lesquels hésitent cependant à qualifier l’héritage.

 

Quand la gente commerçante pressent qu’une des familles de militaires pourrait lui porter ombrage, alors elle préfère les tenir à distance, et payer des mercenaires. Il n’a aucun état d’âme concernant les atrocités de ses mercenaires, pourvu que les routes soient ouvertes. Manifestement, la tyrannie n’est un problème qu’à l’intérieur de la cité. Les grecs de la Grande Grèce auraient, les premiers, fait le jeu de mots Tyrrhénniens-tyrans.

 

Notre tyrien est incontestablement un ouvreur de routes et un grand facteur d’échanges entre les peuples ; l’archéologie atteste du grand mélange des productions des hommes. Mais, pour faire les lumières sur les nouvelles routes et les nouveaux peuples rencontrés, il faudra trouver d’autres adresses que la sienne. Par exemple, tel capitaine phénicien poursuivie par la flotte romaine sur la route de l’étain britannique, préféra s’échouer plutôt que monter la route : il fût remercié et remboursé par sa communauté. Le tyrien est d’emblée mondialiste et monopoliste. Il opère des ouvertures, plutôt des bases « objectives » de l’ouverture. L’ouverture intellectuelle sera l’œuvre bien plus tardive de penseurs influencés par les grecs. L’absence quasi-totale d’archives phéniciennes semble confirmer ce goût du secret.

 

Sa grande marge bénéficiaire repose sur le différentiel de niveau de vie entre l’est riche de la méditerranée et l’ouest, entre le nord et le sud. La maîtrise de ce différentiel est la base du grand commerce. Le troc et le don contre-don étaient les institutions initiales du commerce antique ; le plus célèbre don-contredon est la longue série d’échanges entre le peuple d’Hiram et celui de Salomon, née de la construction du temple de salomon. Il est important de parler de peuples ; les contrats engagent les chefs et les peuples, les communautés, les représailles également : ni l’argent ibérique, ni l’étain britannique ne voyageaient à la suite de contrat inter-individuels. Tous les commerçants d’une cité étaient rendus responsables des exactions de l’un d’entre eux

 

Il est indispensable, afin de suivre la continuité de l’aristocratie du grand commerce et de la transmission de leurs institutions de suivre les traces du grand commerce gaulois, moins connu et maltraité par l’histoire (surtout scolaire) :

 

 « Ainsi, tout objet d'origine méditerranéenne trouvé en Gaule profonde, le long des axes fluviaux ou près des rivages atlantiques, est volontiers rapproché de ce trafic qui permettait aux Gaulois d'approvisionner, en étain du moins, le domaine gréco-phénico-italique. Si les musées de l'Ouest conservent un certain nombre de fibules (broches) italiques parvenues en Gaule vers la fin du VIIIe siècle et le début du VIIe (5) , les bronzes figurés votifs archaïques sont rares et cela se conçoit aisément puisqu'ils n'appartenaient pas à la culture gauloise qui ne produisait pas de figurines »

(Musée Dobrée, la voyageuse de Nivillac)

 

. Les Phéniciens se sont associés aux Gaulois (et à leurs prédécesseurs) pour convoyer le précieux minerai d'étain d'Armorique et de Cornouailles jusqu'à la Loire et donc jusqu'à Roanne. Le minerai qui assurait la production de bronze pour l'ensemble des civilisations méditerranéennes, était transbordé par voie de terre jusqu'à la vallée du Rhône. Les Ségusiaves, tribu gauloise installée entre Loire et Rhône, ont entretenu une relation privilégiée avec les Phéniciens. La route de l'étain - Loire-Rhône - a été l'unique voie d'approvisionnement en minerai d'étain pendant l'âge du bronze. Les Gaulois préféraient la Loire car ils devaient partager la Garonne et la Seine avec leurs voisins Aquitains et Belges.

 

 

Parmi les gaulois, les Vénètes de Bretagne et d’Italie furent les relais et parmi les meilleurs élèves des phéniciens, juste après les commerçants étrusques et juifs. Ces Vénètes contrôlaient étroitement le trafic maritime vers les iles britanniques, la route de l’étain. Cette tribu puissante dominait semble il la fédération bretonne, mais suscitait la jalousie des tribus côtières au sud, les Pictons et les bituriges. La division des gaulois n’étant pas un mythe, ces tribus n’hésitèrent pas à s’allier aux romains pour se débarrasser de leur encombrants 0000voisins que l’ont disait très lié, mélangés même aux phéniciens.

 

« Le fils de Sedatos portait le nom plus latin que celtique, mais pourtant à la mode chez les pictions et les bituriges, de Vénérianus. Il avait su qu’à coté des tractations politiques, le conseil des gaules serait l’occasion d’importantes tractations économiques, et c’est surtout ce qui l’attirait. Il était entrain de travailler à se faire nommer à la tête de l’association des nautes de la Loire. Or celle-ci était en rapport étroit avec les corporations du Rhône et de la Saône… Le Picton apprit qu’une décision de première importance venait d’être prise dans le domaine monétaire. Depuis la conquête, le plus grand désordre avait sévi en Gaule dans ce secteur pourtant essentiel de l’économie ; un certain nombre de cités continuaient d’émettre des monnaies sans valeur véritables ; l’argent romain faisait prime, mais il était rare, et depuis que César avait pris Marseille, les drachmes et oboles de la vieille colonie phocéenne disparaissaient elles aussi.. » (Gilbert-Charles Picard – L’ascension d’une dynastie gauloise)

 

METALLURGIE ET GRAND COMMERCE

 

La première construction de l’Europe de la Grande-Bretagne jusqu’à l’estuaire du Danube est l’œuvre des métallurgistes et des commerçants gaulois, étrusques et phéniciens.

« Chypre : Dans l’Antiquité, l’île de Chypre appartient à un large monde hellénistique. Vers 1450 av. J.C., les Mycéniens y fondent une colonie. Dès le 14ème av J.C. le cuivre de Chypre fait l’objet d’un commerce maritime (épaves du Cap Gelidonya, d’Ulu Burun), déjà transméditerranéen, comme le montrent les lingots en forme de peau de bœuf transportés jusqu’en Sardaigne et peut-être aux Baléares. Et c'est à partir de 1200 av. J.C. que sont fondées les cités-royaumes grecques de Chypre. Vers 1000 av. J.C., s'était établie, à Kition, une colonie de Phéniciens. On y extrait du cuivre, que les Romains appellent aes cyprium qui deviendra cuivre en français. Chypre est ensuite incluse dans l’Empire romain…

La route de l'étain nécessaire au bronze

C’était une organisation commerciale internationale assurant l’épanouissement des civilisations méditerranéennes de l'antiquité. Les Phéniciens se sont associés aux Gaulois (et à leurs prédécesseurs) pour convoyer le précieux minerai d'étain d'Armorique et de Cornouailles jusqu'à la Loire et donc jusqu'à Roanne. Le minerai qui assurait la production de bronze pour l'ensemble des civilisations méditerranéennes, était transbordé par voie de terre jusqu'à la vallée du Rhône. Les Ségusiaves, tribu gauloise installée entre Loire et Rhône, ont entretenu une relation privilégiée avec les Phéniciens. La route de l'étain - Loire-Rhône - a été l'unique voie d'approvisionnement en minerai d'étain pendant l'âge du bronze. Les Gaulois préféraient la Loire car ils devaient partager la Garonne et la Seine avec leurs voisins Aquitains et Belges.




Route de l’étain

Les Phéniciens avaient développé un système de navigation en se repérant sur l’étoile polaire; s’ils avaient pratiqué une navigation régulière le long des côtes, la position des Cornouailles aurait été connue depuis l’Âge du bronze ! Vers le milieu du dernier millénaire avant l'ère chrétienne, le fer est venu chambarder l'économie. Les Phéniciens ont dû renoncer à la suprématie des mers. Des routes parallèles se sont développées : Seine ou Toulouse- Narbonne pour les Étrusques. Les Phéniciens ont cherché de nouvelles sources d'approvisionnement. Les alluvions de certaines rivières d'Ibérie occidentale ont fourni de l'étain à Carthage via Cadiz à l'embouchure du Guadalquivir.

D'autres Gaulois, sous l'impulsion des Bituriges, vont palier à la crise de l'étain en explorant d'autres routes comme celle de l'ambre. Mais l'indiscipline et l'individualisme des Gaulois (déjà !) ont transformé ces entreprises commerciales en vulgaires hordes de pillards.

C)  Le bronze final 1300-900 av JC.

La période du bronze final est marquée par des guerres et des invasions. En Asie Mineure et en Europe orientale ces troubles entraînent l’effondrement de l'Empire hittite, la disparition de la civilisation mycénienne : les peuples de la mer.  En Europe centrale, les peuples adoptent le rite de l'incinération (civilisation des champs d'urnes). On y voit la civilisation des palafittes émerger. La vénération de l’eau est attestée par de nombreux lieux cultuels à cette époque (Saint-Moritz dans les Grisons en Suisse, par ex.). Les roues de Coulon, en Charentes semblent avoir été coulées d’une seule pièce, ce qui représente un prodige métallurgique! C’est aussi l’Epoque de la domestication du cheval…le triomphe de l’or…et l’achèvement de Stonehenge…C’est encore l’époque dont parle Homère !

On considère ces peuples comme étant les premiers Celtes qui se sont répandus vers l'ouest de l'Europe. La délicatesse de certains objets de bronze montre que ceux-ci ont été coulés par le procédé de la cire perdue. Cette période est, à certains endroits, contemporaine du début du premier âge du fer (Hallstatt), comme en Languedoc, en Roussillon, en Catalogne. D'autres régions n'ont pas subi l'influence des Champs d'urnes ; c'est le cas de la zone atlantique (voir ci-dessous).

La façade atlantique

Dans cette dernière se multiplient les dépôts de fondeurs. Les relations commerciales sont très actives ; ainsi, certaines haches fabriquées dans le nord-ouest de l'Espagne sont exportées en Bretagne, en Angleterre et dans les pays scandinaves, et aussi en Sardaigne. L'épée en bronze, dite en langue de carpe, est fort répandue. Il est normal de trouver en Touraine ou en Charente, à la fois des éléments « Champs d'urnes » et d'autres « atlantiques ». En Bretagne, les haches en bronze ont une douille de section carrée et ont été exportées jusqu'en Belgique et en Allemagne. »(Histoire de la métallurgie »

 

Rhin et Danube

« Ces deux fleuves gaulois furent des grandes routes commerciales d'Europe. Dès l'âge du Bronze, on trouve trace de contacts de la Perse à la Bretagne (l'île), par mer Noire, Danube et Rhin. Etrusques et Gaulois ont collaboré, comme l'attestent les tombes de Hallstatt et la Tène (Vix). Des Juifs ont pu colporter les trouvailles achéménides du Danube. Sous le Bas-Empire, le commerce fluvial fut préféré aux autres formes de transport: à l'intérieur des terres, il évitait piraterie et tempêtes d'hiver qui rendaient la Méditerranée peu sûre. » (petit 129)

 

VENISE

A l’embouchure du Pô, deux petits ports fondateurs, Adria et Spinna ; c’est la frontière entre les Etrusques et les Vénètes.

« Les Grecs achetaient autrefois l’ambre dans les villes étrusques de l’embouchure du Pô, et croyaient qu’il venait de la vallée de ce fleuve. En fait, il est bien évident que leurs habitants allaient le chercher dans le nord, et ont pu en même temps y apporter l’écriture. » (les runes seraient d’origine étrusque.(Picard, id)

 

DECADENCE ROMAINE ET MOYEN AGE, L’ESSOR DU CMMERCE JUIF

 

« Il est indubitable qu'à l'époque carolingienne, les Juifs étaient les principaux intermédiaires entre l'Orient et l'Occident. Leur position déjà prédominante dans le commerce à l'époque du déclin de l'Empire romain, les a bien préparés à ce rôle. On les traitait alors à l'égal des citoyens romains. Le poète Rutilius se plaignait que la nation vaincue opprimait les vainqueurs [94].

Au milieu du IV° siècle, des commerçants juifs s'étaient fixés à Tongres et à Tournai. Les évêques entretenaient les meilleures relations avec eux et encourageaient fortement leur commerce. Sidoine Apollinaire priait l'évêque de Tournai (en 470) de les accueillir favorablement, étant donné que « ces gens faisaient habituellement de belles affaires » [95].

Au VI° siècle, Grégoire de Tours parle des colonies de Juifs à Clermont-Ferrand et à Orléans. Lyon possédait également à cette époque, une nombreuse population de commerçants juifs [96]. L'archevêque de Lyon Agobard, dans sa lettre de Insolentia Judoeorum, se plaint que les Juifs vendent des esclaves chrétiens en Espagne. Le moine Aronius, au VIII° siècle, mentionne un Juif habitant le pays des Francs, qui rapportait des choses précieuses de Palestine [97].

Il est donc évident qu'en France, dans les premiers siècles du Moyen Age, les Juifs sont essentiellement commerçants [98]. En Flandre, où les Juifs habitaient depuis les invasions des Normands et jusqu'à la première croisade, le commerce se trouvait entre leurs mains [99]. Vers la fin du IX° siècle, il y avait à Huy une grande communauté juive. Les Juifs y occupaient une position importante et faisaient un commerce florissant... En 1040, à Liège, ils tenaient le commerce entre leurs mains [100]. En Espagne,

(Abreham Léon, 1942)

 

A partir de la destruction de Carthage, on ne parle pratiquement plus des phéniciens et des carthaginois. Dès le 8° siècle AEC une importante colonie juive est signalée à Carthage, présence exprimant la solidité des liens noués avec les tyriens ; le commerçant juif naît de cette osmose. L’hypothèse d’une fusion judéo-punique par conversion d’une large fraction de commerçants puniques au judaïsme, pour échapper à la vindicte romaine me semble consistante.

Cela aurait permis au grand commerce de reprendre pied dans l’empire romain, et même d’y jouer un rôle important. Nombre de notables romains se plaignaient de l’importance des juifs dans l’empire.

Mais la chute de l’empire et l’obscurantisme chrétien, posèrent un éteignoir sur l’économie euro-méditerranéenne et sur la culture et les techniques grecques.

 

LES CROISADES POUR SORTIR DE L’OBSCURANTISME CHRETIEN !!

L’époque médiévale marque l’avènement d’une remarquable expansion du commerce de banque à partir des croisades qui stimulent considérablement les échanges internationaux. En premier lieu les Vénètes, Venise (quelques zones d’ombre autour de sa naissance et des liens avec les anciens ports d’Adria et Spinna). À partir du XIe siècle, ce sont principalement les Italiens (la première banque a été créée à Venise en 1151, tandis que Florence devenait une place bancaire de première importance), mais également les Templiers et les Juifs, groupes fortement structurés fonctionnant en réseaux, qui donnent naissance à une activité de banque mieux ordonnée, assise sur la création de nouveaux instruments financiers permettant le développement du crédit et facilitant la circulation de la monnaie.

 

 

DE LA MEDITERRANNEE A L’ATLANTIQUE

« C'est à Anvers qu'apparaît pour la première fois en 1511 l'expression Nation Portugaise.

Les juifs du Portugal étaient à plus de 80% des juifs espagnols expulsés en 1492 dont la majorité crut trouver refuge au Portugal. Le roi du Portugal Manuel avait, en 1496, décidé leur expulsion mais cette mesure n'avait pas été appliquée. En revanche, Manuel fait procéder en 1497 à leur conversion forcée au christianisme et leur interdit la sortie du pays : l'ensemble des juifs portugais, d'origine ou immigrés, étaient donc devenus des conversos ou nouveaux-chrétiens. Dès le XVI° siècle, les communautés dites portugaises sont donc essentiellement d'origine espagnole.

"La recrudescence de l'Inquisition à la fin du XVI° siècle et au XVII° siècle provoque l'immigration de ceux qui officiellement ne sont plus des juifs mais de nouveaux chrétiens (dont certains étaient même retournés en Espagne dès la deuxième moitié du XVI° siècle!). Même s'ils reviennent majoritairement au judaïsme, ces derniers se distingueront des descendants des exilés de 1492, devenus juifs d'Orient (levantins), d'Italie ou d'Afrique du Nord. Sous le nom de portugais seront désignés les anciens marranes ou leurs descendants. Si par la suite des juifs d'autres origines, levantins, maghrébins (on disait barbaresques) ou italiens voire ashkénazes se trouveront cooptés dans les communautés portugaises, ce sera par assimilation."

Ces communautés portugaises  rassemblaient au XVIII° siècle  environ 200 familles et 20 000 membres : Amsterdam et Livourne (environ 5000 personnes chacune), Venise (un petit millier), mais aussi Londres, Hambourg, Bayonne, Bordeaux, Salonique, Constantinople, Alexandrie,. ».

A Lisbonne, à la fin du XV° siècle il est difficile de suivre la généalogie des familles, entre les génois qui ont leur quartier, les marranes espagnols dit « portugais, les lusitaniens proprement dit. Christophe Colomb est revendiqué par Lisbonne, Gènes et Calvi . La fondation de Lisbonne est phénicienne.

 

VENISE DU NORD

 

Si la première banque européenne est vénitienne, l’origine des bourses se situe sur une trajectoire Bruges, Anvers, Amsterdam. Toute la gente du grand commerce, y compris les jaïns, est rassemblée dans les bourses des Venise du nord (le nom de bourse à pour origine le nom d’un fondateur flamand, van den Boerse) ? Les guerres de religions vont amener les grands commerçant à se réfugier à Amsterdam, laquelle devient la première place dans une Hollande en peine expansion

 

Avec la création de la Nouvelle Amsterdam, la boucle sera bouclée.

 

LES AMBIGUITES DE WEBER ET DE MARX

 

Qu’est-ce que la valeur ? « La valeur, c’est moi », répond notre Tyrien, « je suis le diapason ». Il peut sans doute « laisser jouer » les petits commerces locaux autour de leurs marges, mais pas plus. Il s’est formé à une époque où les calculs économiques n’étaient pas monétaires, et pour être sûr de ne pas se tromper, il fabriquait lui-même ses quasi-monnaies : lingots, broches, anneaux, de différents métaux. Il n’aimait guère fabriquer sur la terre ferme, il n’avait pas de mines ; mais concernant les décisions stratégiques, il n’hésitait pas. L’exemple du verre est éclairant, bien qu’à l’époque assez opaque : notre phénicien ne pouvait ‘jouer les différentiels car les producteurs étaient ses voisins, égyptiens et syriens et se connaissaient bien. Il produit donc le verre « sous sa marque ».

Très longtemps, la monnaie ne servie qu’à solder les échanges. Braudel le remarqua, avec bien d’autres difficultés, lorsqu’il coordonna les études sur l’évolution des prix du 16° au 18° siècle. Face à d’impressionnantes collectes de données émanant des différents pays d’Europe, Braudel dut retrouver les chemins de la pensée phénicienne, pour coordonner et présenter rigoureusement les évolutions des prix sur trois siècles.

 

L’idée qu’il ne pouvait y avoir de capital phénicien, à défaut de certaines techniques, prête à sourire pour les connaisseurs desdits phéniciens. Ses techniques, il va les construire, lui et ses descendants, au fur et à mesure des besoins. L’idée que le grand commerce européen devait attendre sa religion, son élection au rang d’hypergracieux, pour inaugurer le capitalisme, est loin d’être décisive comme l’affirme Weber. On peut cependant retenir que ce type de religion assez fermée, calvinisme, judaïsme, Jaïnisme est typique du grand commerce. Fermé également le monde des alliances, des mariages ; ce petit monde des hypergracieux est aussi dynastique que celui des princes.

 

LA DIVISION SOCIALE, UN MOMENT CRUCIAL DE LA CONSTRUCTION DE L’HOMME ET DE LA SOCIETE

 

Ni la Grèce ni Rome n’étaient des navigateurs et des grands commerçants « dans l’âme ». Ils n’appartenaient pas à la famille des peuples des fleuves et des mers. Les peuples de la mer de la méditerranée et les nomades de la mer de l’océan indien sont bien mal connus. Grecs et romains sont des peuples de la terre ferme.

 

LA GRECE REVISITEE

 

Depuis une trentaine d’année la Grèce a été revisitée, et parfois révisée par les historiens :

« Socrate n’est pas très représentatif de la majorité de ses concitoyens ; fils d’un artisan sculpteur, c’était un vrai citadin, à l’aise en ville où il aimait trouver des interlocuteurs dans les ateliers et dans les boutiques. Cependant, comme le fait remarquer le jeune Phèdre, sa conduite parait un peu extrême : il ne sort pas de la cité, ne voyage jamais à l’étranger, c’est à peine s’il met le pied à l’extérieur du rempart ! Socrate justifie : » j’aime apprendre, les champs et les arbres ne peuvent rien m’enseigner, contrairement aux hommes de la ville ». L’Athènes du V° siècle est une société rurale. La majorité des citoyens tirait leurs revenus de la terre dont la propriété leur était réservée ; toute autre forme d’activité était considérée comme un ponos (« peine ») et dévalorisé en tant que tel. »

(Michèle Brunet, Nouvel Obs, 07.2008)

La révolution culturelle grecque est le produit d’une petite minorité urbaine de penseurs, d’artisans d’artistes et de techniciens dont la communication luxuriante va provoquer une pluie d’innovations.

La Grèce est principalement le nouveau sorcier qui va impulser la nouvelle culture méditerranéenne. Rome est le nouveau prince qui va faire passer l’Europe à un stade supérieure d’organisation. Certes, le bilan économique est mitigé ; dans certaines régions Rome gardera une image d’ancien Prince, d’impérialisme parasite avec sont cortège de terres brûlées et de longues présence d’avides légions, et aussi de latifundia et d’esclavage ; ce ne fût pas vraiment le cas en Gaule où la paix,  la culture et l’organisation romaine ont été plutôt bien accueillis, mis à part les Vénètes et dans une moindre mesure, les Arvernes. Les peuples côtiers, Pictons et bituriges n’étaient pas mécontents de l’expulsion des concurrents vénètes. Les lyonnais connurent un développement dû en partie à la paix, à l’ouverture des routes romaines.

La dette de Rome à la Grèce est importante et cette influence ne déclinera pas, au contraire ; les élites romaines manifesteront plutôt un hellénisme croissant. Il y eu plusieurs Grèce lesquelles se sont soutenues. La Grèce du nord, moins marquée par la culture métisse des cités-états, plus indoeuropéenne va produire un empereur de grande envergure, lequel est formé par Aristote (le philosophe avait il prémédité ce « coup » ?) ; ce qui est sûr, c’est que l’empire d’Alexandre et la Grande Grèce pèseront lourd dans l’empire romain.

L’histoire laissa trop dans l’ombre les phéniciens ; ce faisant elle a joué contre elle-même ; lire l’histoire sans le troisième mousquetaire, le grand commerçant, c’est bancal. Les phéniciens n’ont il pas apportés l’écriture aux grecs. Qui construisait la flotte d’Athènes. Comment Rome construisit sa puissance maritime, sinon en capturant et en copiant un navire de guerre de Carthage.

 

A partir de ce moment de l’histoire, la division sociale est clairement établie, et toutes les sociétés s’y plieront. La construction culturelle de l’homme était profondément modifiée. Mauss était conscient que l’immense collecte entre prise par l’ethnologie, l’histoire, la sociologie, ne pouvait mener directement à la connaissance de l’homme global, entier. C’est donc vers la psychologie, plus proche de la médecine et de la biologie, qu’il se tourna pour poser la question de cet homme global. Avec le recul, on peut se demander si l’orientation choisie par les psychologues, d’abord la sexualité, puis l’étude extérieure des comportements, n’était pas une tentative de contourner l’obstacle des institutions.

 

 

L’AUTRE MODELE D’ACCUMULATION, CONTINENTAL-ROMAIN

 

« Les différentes méthodes d’accumulation primitive fait éclore se partagent d’abord, par ordre plus ou moins chronologique, entre le Portugal, l’Espagne, la Hollande, la France et l’Angleterre, jusqu’à ce que celle-ci les combine toutes, au dernier tiers du 17° siècle, dans un ensemble systématique embrassant à la fois le régime colonial, le crédit public, la finance moderne et le protectionnisme. »(K Marx – Le capital 8° section)

 

LES DEUX PROMETHEE DE LA SCIENCE ET LA RELIGION DES INFIDELES

 

Marx parle à longueurs de pages des forces productives et de la science comme d’un deus ex machina dont la mobilisation permanente mènera le capitalisme bourgeois à sa perte. Les patronats parlent de leur « mariage avec la science ». Mais c’est quoi, c’est qui, « la science ». Pour tous ceux qui ont eu au 19° siècle la révélation de la science c’est une déesse, une muse. Je ne crois pas avoir lu chez Marx l’idée que les scientifiques, unes des branches descendant du chétif sorcier, soit une force sociale concrète, humaine. C’est une grave erreur, car au cours de la guerre que se mènent les états, avatars du prince, et le grand commerce, un certain nombre de chétifs sorciers se sentent pousser des ailes, et nous les retrouverons capitaines d’industrie dans la mécanique, dans la chimie, dans l’électricité ; dans la sidérurgie, ils étaient déjà chez eux depuis le début. Marx pensait ‘il, dans un accès d’idéalisme, que « la science » désintéressée sauverait le prolétariat ?

 

RENDRE A CESAR..

Un des grands moments de l’accumulation en Angleterre, fût l’organisation de l’exode du peuple des campagnes, pour l’amener à la porte des usines. Ce genre d’action n’est pas le genre habituel du grand commerce et de la finance privée. L’offensive contre les grands propriétaires fonciers est proprement politique et requière sinon le soutien de l’état, du moins sa neutralité. L’idée de chasser le peuple à l’aide de troupeaux de moutons est romaine ; c’est ainsi que s’établir les latifundia en Italie du sud et en Sicile, première étape de la domination et de la ruine de ces régions. Cet impérialisme latin fût souvent imité, et pas seulement en Amérique latine. La marque de l’impérialisme stalinien sur les campagnes russes est sinon irréversible, du moins profonde et durable.

 

IMPERIALISME ET GLOBALISATION

La destruction des campagnes, et plus largement du rez-de-chaussée du monde, l’immigration sauvage, ne sont pas des conséquences simples et directes, des marchés financiers, de la mondialisation financière. L’ignoble spéculation sur les produits agricoles masque les réalités plus anciennes et profondes. Ecartons le rideau de fumée de la globalisation ratée.

En France, en Angleterre, aux Pays-bas, l’immigration et les troubles urbains sont également un effet tardif postcolonial.

Pour être plus précis, le rejet et la ségrégation de ces populations étaient l’œuvre des extrêmes-droites, alors qu’aujourd’hui elle s’étend aux droites dans le contexte d’une concurrence internationale et interrégionale en lien avec l’émergence instable et dangereuse d’un monde multipolaire. Les ouvriers nationaux marginalisés ont largement basculé et convergés vers ces forces politiques.

La défiance générale destructrice des liens sociaux et civiques est le produit de la précarisation : près de la moitié des français ont peur de finir SDF. La fin de la paix sociale, jugée trop chère par les patrons, débouche sur une guerre sociale sporadique, non déclarée et incohérente : chacun pour soi.

La défiance et le rejet sont les seules choses réellement partagées par les temps qui courent.

 

La race des princes est éteinte, bien que des aventuriers puissent ressurgir armés de débris d’institutions romaines ou pires ; seuls les avatars états perdurent, consolidés même, par l’échec de la globalisation et l’insécurité. L’hégémonie des princes fût le produit de l’alliance avec les anciens sorciers maîtres de l’écriture et de la religion, scribes et devins-prophètes. Le pouvoir ou la religion de l’écriture a été l’arme magique qui imposa les institutions de l’ethnie du prince aux peuples soumis.

 

Faire l’histoire de la famille éclatée du chétif sorcier est une entreprise considérable. Combien de révolutions ? L’écriture bien sûr, mais avec un début souterrain et secret et une ouverture lente et mesurée aux princes et aux commerçants ; les religions dites du livre, et la fâcherie avec les magiciens ; la philosophie et la géométrie avec l’irruption et la domination du sorcier grec ; la première révolution scientifique de Descartes et Newton, laquelle fait voler en éclat le « compromis » avec la religion laborieusement construit entre Aristote et Thomas d’Aquin ; la seconde… la troisième..

 

LE FAIBLE ECHO DE LA DEESSE MERE

 

La productrice, reine de la terre nourricière, de ses graines, de la fertilité de la nature, n’a pas toujours menée une existence servile. L’alliance du prince et du sorcier sous le signe du ciel et de l’émergence de l’état a-t-elle scellée l’infériorité de la terre et de la productrice. L’histoire du livre des changements (Le discours de la tortue – Cyrille J.D Javary) nous montre l’existence d’une période de domination du yin, à la fin de laquelle commence une période de servitude et de bandage des pieds des femmes. Avec l’arrivée de nouveaux outils lourds et de nouvelle technique, charrue, métallurgie, mines, l’esclavage masculin s’étend.

 

UNE INSTITUTION MEDITERANNEENNE PROFONDE ET MERVEILLEUSE :  TARENTELLE ET DANSE DE L’ARGIA

 

La victime, le malade, a été piquée, toujours par une araignée, la tarentule en Italie du sud, l’Argia en Sardaigne. Elle est prostrée et se ferme de plus en plus à la communauté ; on évoquerait aujourd’hui la dépression, l’anomie ou la mélancolie. Peu importe que la personne ait été effectivement piquée, pourvu que la musique et la danse apporte la guérison.

A travers toutes sortes de jeux, de travestissement, d’accouchement symbolique, de pantomimes érotiques, le malade s’agite, se synchronise, renait et réintègre sa communauté.

C’est la danse de l’Argia qui se rattache le plus clairement aux très anciens cultes de la fertilité et de la sexualité. (cf Di Martino pour la Tarentelle et Clara Gallini pour la danse de l’Argia)

 

La Productrice avait-elle réellement ce pouvoir réintégrateur ? Elle agit collectivement, l’orchestre et les danseurs représentent la communauté, laquelle attend près de la maison le « verdict ».

 

Ségolène Royal a-t-elle remué ces institutions profondes, reprises par le culte marial et même de Marianne dans les quartiers défavorisés. Le fait est qu’ils basculèrent pendant la campagne, emportés par un discours chaleureux et affectueux.

C’était ce qu’il y avait de mieux à faire ; ceux qui ne comprennent pas çà ne comprendront jamais pourquoi l’école échoue malgré des réformes sophistiquées, pourquoi les cheminots continuent à être agressés etc..

Les mythes de la productrice, de la dame blanche ou biancamaria, sont de bons mythes, de gauche, dans la mesure ou l’on ne reprend pas le discours du Vatican en y adhérant, comme Tony Blair.

 

LA CONSCIENCE DU RÖLE DES INSTITUTIONS PROFONDES REDUIT LES CONFLITS PSYCHIQUES.

 

Le principe organisateur de la théorie des institutions est la construction progressive de niveaux d’organisation supérieurs en technique et en taille, que l’on peut regrouper sur trois niveaux. Le moteur de ce développement est la division sociale et technique des sociétés. Les différences et les qualités de ces organisations dépendent largement des alliances et des modes de coopération des acteurs de la division sociale.(cf Identité et disqualification)

Les universalistes intégraux ont construit le mythe d’un universel vrai et fort, apte à l’hégémonie et armé d’un pouvoir de dissolution des divisions sociales et techniques. La survie de ce mythe repose sur une conception obscurantiste de la complexité ; le monde est présenté comme un chaos, un immense désordre polyarchique écrasant les faibles esprits citoyens ; des tours de magiciens, les supercheries techniques visant à objectiver les désastreuses organisations du travail et de la vie privée. Ainsi se développe la production et la consommation de masse et la sklavenmorale.

Le libérisme, idéologie de l’extension du règne de la marchandise à tous les compartiments de la vie, est une institution profonde des phéniciens, les ancêtres du grand commerce. L’IAF, intelligence artificielle forte est l’idéologie du système ou réseau, les formes d’organisations capables de porter et de rénover l’antique projet.

 

Mais, ce qui « triomphe » concrètement, c’est l’inintelligence artificielle forte. Et un bruyant déchaînement de forces, foncièrement archaïques.

Seule une nouvelle culture largement fondée sur une théorie des institutions et une critique sociale psychologique (Lasch) peut réarmer les citoyens et provoquer de nouvelles lumières.

 

COMBIEN DE CAPITALISMES ?

 

La division originelle entre la sphère de la production et celle de la circulation reste fondamentale ; le « néolibéralisme marque le retour en force de la circulation sous la forme du mercantile-libérisme. Le libérisme vise à imposer les rapports marchands dans tous les compartiments de la vie, et ce par une extension continue du champ des services ; c’est ainsi que se reconstitue une catégorie de nouveaux serviteurs, détachés des personnes par l’intermédiaire de la société de services. Le mercantilisme joue à fond sur les différentiels, stratégie réellement efficace depuis l’Uruguay round et l’OMC ; la déterritorialisation ainsi mise en œuvre rompt les liens instaurés par les politiques de Welfare State entre les producteurs et les états, les finances publiques. C’est ainsi que l’on voit émerger de nouvelles directions patronales, sous couvert d’une désindustrialisation toute relative ; en fait les travaux les plus sales, écologiquement et socialement sont largement rejetés au sud et à l’est.

Le capitalisme autoritaire dénommé « modèle Lee » du nom de l’ancien dirigeant de Singapour, par Amartya Sen, qualifié également de néoconfucéen, repose sur l’idée ancienne qu’une large armée de réserve est bonne pour les affaires, ce qui implique des états forts et sécuritaire. Alain Supiot sépare de ce courant l’économie communiste de marché, ce qui peut se discuter, les dirigeants chinois s’étant fortement inspiré de Lee. Cependant, l’anticommunisme très vivant et puissant dans cette région (

Chine, Corée, Vietnam) va dans le sens de la séparation.

Les choses se compliquent avec le blocage des accords multilatéraux, l’échec de la globalisation, et la crise ; la guerre économique est sous-jacente, et l’on peut parler de retour des puissances lesquelles tenteront de se parer d’un modèle économique. Mais l’offensive mercantile-libérienne, la mondialisation financière se poursuit, malgré la crise, en aggravant la tension avec le monde de la production ; l’enjeu est de définir la ligne jaune entre l’économie réelle et l’économie irréelle. Le problème, c’est que tout le monde s’est financiarisé autour des produits dérivés, les banques d’abord, un des fleurons de la nouvelle banque était la Société générale, mais aussi les entreprises ; elles sont passées de la simple gestion de trésorerie à des politiques d’investissements visant à gonfler leur taux de rentabilité.